Crise du textile en Wallonie
“On croule sous les vêtements” : plongée dans la crise du textile en Wallonie
Jamais autant de vêtements n’ont afflué… et pourtant, les débouchés n’ont jamais été aussi rares : ce constat résume la crise que traverse aujourd’hui la filière textile.
Sous l’effet de la fast fashion, les volumes explosent, tandis que la qualité des vêtements diminue, rendant leur réutilisation de plus en plus difficile. « Aujourd’hui, notre réalité est que les bulles à vêtements et le réseau actuel débordent. Notre service à la population et aux communes en pâtissent très clairement », confie François Malaise, Président du groupe Terre.
De plus, une directive européenne adoptée en 2018 impose le tri séparé des textiles dans toute l’Union européenne et est d’application en Wallonie depuis le 1er janvier 2025. Seuls les textiles propres et secs doivent être triés : les vêtements déchirés, mouillés ou souillés restent, eux, destinés aux déchets résiduels car ils ne peuvent pas être valorisés.
Terre asbl, acteur incontournable en Wallonie, collecte, trie et valorise des milliers de tonnes de textiles chaque année. Comme ces derniers le soulignent, au-delà de leur mission environnementale et sociale, le secteur du réemploi textile est sous pression, notamment parce que les recettes diminuent tandis que les coûts augmentent (énergie, transport, personnel, infrastructures, élimination des déchets …).
Contrairement à d’autres flux de déchets, les entreprises qui mettent des vêtements sur le marché ne participent pas encore au financement de leur seconde vie. Ceux qui produisent ne paient pas, et ceux qui gèrent les déchets sont en difficulté.
Un changement est toutefois attendu. La mise en place d’une Responsabilité Elargie des Producteurs (REP) pour le secteur du textile sera d’application dès le mois avril 2028 en Wallonie.
Ce mécanisme, fondé sur le principe du pollueur-payeur, obligera les producteurs à financer la collecte, le tri et le recyclage !
Sur le plan légal, la Wallonie dispose déjà d’un cadre général avec son décret relatif aux déchets, qui prévoit des obligations de reprise pour certains produits. Mais pour le textile, tout reste à construire. En attendant 2028, la Région a débloqué des aides ponctuelles pour soutenir la filière. Une solution temporaire, face à une crise structurelle…
« Si rien ne change rapidement, certains acteurs risquent de disparaître », alertent les professionnels du secteur. La réforme à venir représente donc bien plus qu’un ajustement technique : elle pourrait redéfinir en profondeur l’avenir du textile en Wallonie.
Prime et parcours
En 2026, afin de lutter contre la fast fashion tout en soutenant l’économie sociale et solidaire ainsi que la transition écologique, INTRADEL a décidé, en partenariat avec les communes participantes, d’offrir UNE PRIME allant jusqu’à 15 € aux citoyens à l’achat de vêtements dans des boutiques de seconde main locales via la participation à un parcours de sensibilisation en ligne.
Cette prime pourra être majorée une seule fois jusqu’à 10 € supplémentaires si le citoyen participe à certaines actions de sensibilisation, notamment :
- Un atelier de conseil en image dans un magasin de seconde main Terre ;
- La visite du véhicule prévention d’Intradel lors d’un événement communal ;
- La visite du centre de tri Terre.